Née à Schaerbeek le 29 juillet 1967, Fadila Laanan est la fille de Tlaïmas et Bouziane, tous deux originaires de Beni Sidel, village du Rif marocain, près de Nador. Ses parents sont arrivés en Belgique en 1964, en provenance d'Algérie où ils avaient déjà immigré précédemment. Fadila Laanan a passé son enfance à Molenbeek, puis s'est installée à Auderghem et, enfin, à Anderlecht, où elle vit depuis 1997 et où elle siège au conseil communal depuis 2000. «J'ai toujours été bruxelloise et mon pays c'est la Belgique», insiste Fadila Laanan, qui a grandi dans une grande fratrie de trois soeurs (Fatima, Amina et Mimouna) et trois frères (Miloud, Kader et Mohamed). «Étudiez pour devenir quelqu'un» («qraouw ya ouladi bech tkounou chiwahed»), répétaient leurs parents. «Je ne sais pas si je suis devenue quelqu'un, mais en tous cas j'ai étudié» indique aujourd'hui la Ministre de la Culture, de l'Audiovisuel, de la Santé et de l'Égalité des Chances, avec une évidente reconnaissance envers son père et sa mère. La famille, qu'elle se refuse fermement à médiatiser, revêt pour elle une importance considérable. Et elle souligne que sa carrière doit beaucoup à son mari, Guy, père de sa fille, Mina, et de son fils, Mekki. Depuis leur rencontre à l'Athénée d'Ixelles, celui qu'elle décrit comme son «compagnon de route» l'a toujours soutenue à travers toutes les épreuves, qu'il s'agisse de passer des examens, de distribuer des tracts, de coller des affiches, de surmonter les aléas d'un monde politique parfois rude… Même s'ils restent dans l'ombre, tous trois sont pour beaucoup dans l'indéfectible sourire qui sert presque de carte de visite à la Ministre. Après ses études de droit, Fadila Laanan, qui s'est toujours beaucoup investie dans le tissu associatif local – dans le secteur de la culture et de la jeunesse, déjà –, a commencé sa carrière professionnelle comme conseillère dans des cabinets ministériels chargés, aussi, de la Culture… Ceci avant de travailler au Conseil Supérieur de l'Audiovisuel, puis de devenir chef de département à la Société de développement pour la Région de Bruxelles-Capitale. En parallèle, Fadila Laanan s'est également très vite engagée en politique, par passion, à la fin de ses études. Deux ans plus tard seulement, en 1995, elle ne ratait un siège de députée régionale bruxelloise que d'une dizaine de voix. Élue conseillère communale en 2000, à Anderlecht, elle a ensuite réalisé des scores impressionnants, pour la presque inconnue qu'elle était alors dans les médias, aux élections sénatoriales puis européennes. Ce qui lui a valu, après son élection comme députée régionale, en 2004, d'être choisie par son président de parti, Elio Di Rupo, pour devenir ministre de la Culture et de l'Audiovisuel(*) au sein du gouvernement de la Communauté française. Avec, par-delà cette symbolique, un défi de taille à relever : celui de gérer des secteurs partagés, auparavant, entre plusieurs Ministres. Une tâche qu'elle a assumée, de 2004 à 2009, avec une sincérité, un dynamisme et une bonne humeur qui lui sont comme une marque de fabrique. Et avec, surtout, après la refondation globale des politiques culturelles qu'elle a initiée à travers les États Généraux de la Culture, des résultats concrets, marqués au sceau de la transparence de la gestion et de l'accessibilité de la culture pour tous. Cette même sincérité, ce même dynamisme et cette même efficacité dans les contacts et dans l'action, Fadila Laanan se fait un devoir, depuis l'été 2009, de les mettre au service du nouveau défi qu'elle a été appelée à relever. Réélue députée régionale en juin 2009, avec un score personnel encore en nette augmentation, elle a une fois de plus été choisie par son président de parti pour siéger comme ministre au sein du gouvernement de la Communauté française. Depuis juillet 2009, Fadila Laanan est en effet ministre de la Culture et de l'Audiovisuel, comme au cours des cinq années précédentes, mais également de la Santé et de l'Égalité des Chances.
---- (*) À l'époque, Fadila Laanan était également en charge de la Jeunesse, compétence qu'elle a cédée à Marc Tarabella lorsqu'il est devenu ministre en juillet 2007.